7 signaux forts pour repenser l’expérience étudiante et l’évaluation en 2026

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Adrien Becquaert

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Retour du Salon de l’Expérience Étudiante, où nous avons échangé avec une centaine de professionnels de l’enseignement supérieur.

Notre équipe était présente pour la deuxième édition du Salon de l’Expérience Étudiante (SEE). En deux jours d’échanges intensifs, sur les stands, en marge des conférences, autour d’un café, nous avons pris le pouls de ce qui préoccupe aujourd’hui les établissements d’enseignement supérieur. Voici ce que nous en retenons.

1. L’expérience étudiante : le cœur du modèle

Premier constat, massif : l’expérience étudiante n’est plus un sujet périphérique. C’est devenu un enjeu central de pilotage et de développement pour les écoles.

Et cette notion va bien au-delà de la salle de cours. Elle couvre l’accueil, les espaces de travail, la vie associative, le sport, la santé, le logement, l’alternance. Le signal est clair : les étudiants ne choisissent plus une école uniquement pour son diplôme, mais pour l’expérience globale qu’elle propose.

Une mauvaise expérience dans une seule dimension peut compromettre l’ensemble du parcours étudiant.

Les projets de transformation sont diverses comme : le campus Saint-Thomas de Sciences Po, CentraleSupélec, le futur campus de l’ESTP avec son complexe sportif et son programme de renaturation, la transformation de l’IESEG à Lille. Partout, les établissements investissent pour faire de leurs sites de véritables lieux de vie.

2. Santé mentale : une responsabilité des établissements

Plusieurs conférences ont abordé frontalement le sujet de la santé mentale étudiante. Des étudiants connectés en permanence mais physiquement seuls. Les écoles ne dissocient plus formation et vie étudiante : la réussite académique dépend du bien-être global.

Ce que nous avons entendu sur les stands va dans le même sens. Les responsables de scolarité et de vie étudiante que nous avons rencontrés décrivent une mission qui s’est considérablement élargie ces dernières années.

Le campus ne peut plus être un simple lieu de passage, il doit devenir un cadre protecteur, stimulant, où l’on a envie de rester.

3. Qu’attendent les étudiants en 2026 ?

Nos échanges avec les professionnels présents au salon convergent avec les enquêtes récentes. Les étudiants attendent un accompagnement concret vers l’emploi, un engagement sociétal visible de leur école, des formats pédagogiques hybrides mêlant présentiel et distanciel, et des évaluations justes, transparentes et adaptées aux réalités du monde professionnel.

Les thématiques des conférences du SEE reflétaient cette diversité d’attentes : capitaliser sur l’IA pour accompagner les étudiants, s’adapter aux parcours « mosaïques » (alternance, freelance, engagement, mobilité), communiquer avec la génération Z, repenser le campus comme un micro-écosystème sociétal.

La promesse éducative se mesure désormais à l’ensemble de l’expérience vécue, de la candidature jusqu’au diplôme en passant bien entendu par les épreuves d’évaluations.

4. L’évaluation devient le maillon stratégique

On parle beaucoup de campus, d’espaces de vie, d’insertion professionnelle. Mais il est un sujet qui revient sur le dessus de la pile des préoccupations : l’évaluation.

Effectivement, c’est l’évaluation qui permet de développer et mesurer les compétences acquises. Ce sont les examens qui sont le moment de vérité du parcours académique.

La digitalisation des évaluations et des examens, longtemps négligée dans les projets de transformation numérique des écoles, revient aujourd’hui sur le devant de la scène. L’émergence de l’IA, les cas de fraude récents, la nécessité de proposer des épreuves modernes et sécurisées : tout converge vers un même constat : Il devient indispensable de s’appuyer sur une plateforme dédiée à cet exercice fiabiliser et sécuriser les examens, et exploiter les données pédagogiques que seul le numérique peut générer.

5. L’IA bouscule l’évaluations traditionnelles

Les enseignants ont encore une perception anxiogène qui crée un climat de méfiance parfois contre-productif. Face à ce bouleversement, les établissements sont confrontés à des choix structurants : interdire, encadrer ou intégrer l’IA dans les cursus.

La réalité montre que former les étudiants à un usage critique et éthique de ces outils est la voie la plus porteuse. Mais elle suppose de repenser en profondeur les modalités d’évaluation. Le copier-coller depuis ChatGPT n’est que la partie émergée de l’iceberg : c’est la nature même de ce qu’on évalue qui doit évoluer.

L’évaluation ne peut plus se contenter de mesurer la restitution de connaissances. Elle doit évaluer la compréhension, l’argumentation et la capacité à mobiliser des savoirs dans des situations complexes.

Moderniser les pratiques d’évaluation devient à ce rythme un enjeu crucial. Digitaliser ses examens, ce n’est pas simplement remplacer le papier par un écran. C’est aussi concevoir des épreuves qui évaluent réellement les compétences visées y compris la capacité à utiliser l’intelligence artificielle de manière pertinente et encadrée.

Digitaliser, c’est aussi permettre aux enseignants de mutualiser leurs banques de questions, d’importer des sujets générés par IA, d’extraire des données pour analyser plus finement l’acquisition des étudiants et consacrer donc plus d’énergie à ce qui compte : l’accompagnement pédagogique.


6. Sécuriser les épreuves à enjeu

Les cas de fraude qui ont marqué l’actualité des concours et évaluations récentes rappellent l’urgence de sécuriser les examens. Le numérique permet de combiner plusieurs garde-fous : verrouillage d’écran, filtrage réseau wifi, traçabilité complète des actions, génération de sujets uniques par disposition aléatoire. Sur une plateforme spécifiquement conçue pour cet exercice, la sécurité est native, pas bricolée.

Et l’approche ne se réduit pas au proctoring. Sécuriser une épreuve à enjeu, c’est un ensemble cohérent de dispositifs pour avoir la juste balance entre la surveillance et le contrôle de l’environnement afin de couvrir une sécurisation optimale des épreuves en présentiel comme à distance.

C’est ce juste équilibre qui permet aussi de garantir l’équité pour tous les étudiants, quel que soit leur équipement ou leur localisation.

7. Exploiter les données pour piloter la pédagogie : un impératif pour l’avenir

Chaque examen numérique génère des données précieuses : taux de réussite par question, discrimination entre niveaux de maîtrise, temps de réponse, identification des lacunes récurrentes, et tant d’autres…

Aujourd’hui, la plupart des établissements ne les exploitent pas (ou très peu). C’est un gisement considérable d’amélioration continue qui reste inexploité. Ce pourquoi il est urgent de digitaliser pour profiter de données de qualité.

Utilisées intelligemment, ces données permettent d’ajuster les contenus de formation, de calibrer la difficulté des épreuves, de suivre la progression réelle des étudiants dans le temps et de prouver, données à l’appui, la qualité pédagogique d’un programme, un argument de poids face aux organismes d’accréditation qui multiplie les audits et dans un contexte de concurrence accrue entre établissements.

La digitalisation des examens n’est pas un projet accessoire. C’est un pilier de l’expérience étudiante qui permet de générer les données pédagogiques qui font la différence.

Auteur

Adrien Becquaert
Adrien Becquaert est Responsable des Partenariats chez THEIA. Convaincu par les enjeux de la pédagogie numérique, il accompagne les établissements et acteurs de l’enseignement supérieur dans l’adoption de solutions innovantes.
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