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Ah l’écrit ! Encore l’écrit, se sont-ils écriés ! Pourquoi le programme Ecri+ est-il indispensable ?

Entrer à l’université est un bel objectif. C’est la grande porte ouverte sur un enseignement de qualité, reconnu par l’ensemble de la société, des acteurs économiques de ce pays mais aussi dans le monde. Entrer à l’université, ou même dans une grande école, c’est le début d’un parcours vers un avenir professionnel et social rassurant, épanouissant et valorisant. La peur de ne pas en être a disparu et, désormais, plus que les notes, ce sont les compétences acquises, les connaissances assimilées, qui feront la différence, plus tard. Comment les appréhender ? Comment les restituer ?


Au quotidien chaque étudiant devra lire beaucoup, devra écrire encore. Cette maîtrise de la langue française à l’écrit est une évidence malheureusement trompeuse pour trop d’apprenants. Il ne s’agit pas ici d’épiloguer sur le niveau des lycéens récompensés par le baccalauréat, ni de déplorer la toute-puissance des outils numériques comme le smartphone. Si le ministère s’est inquiété, si les universitaires, les professeurs se sont alarmés, c’est parce que les disparités trop importantes dans la connaissance essentielle du français, provoque des échecs nombreux et désastreux pour le moral des uns et l’efficacité des autres.

Alors le programme ECRI+ a été mis en place, un peu partout en France (22 universités en sont partenaires) sous l’autorité de l’Université Numérique des Humanités. Bien entendu, la mission du projet est de développer les compétences en français écrit des étudiants. C’est un projet France 2030 soutenu par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche). Il est développé par de nombreux enseignants chercheurs, délivré par les établissements du supérieur public et naturellement gratuit pour tous. Sa vocation est d’adresser le public du niveau licence dans les facultés. Il ne s’agit pas uniquement d’orthographe même si le MOOC développé sur cette compétence a déjà été suivi par plus de 100 000 personnes depuis son lancement.


Le débat sur l’orthographe est stérile. Il ne s’agit pas de contester son importance dans l’insertion. La langue est vivante. La langue évolue. Parler correctement, c’est aussi se faire comprendre, se faire accepter dans un milieu social ou professionnel que l’on aimerait faire sien. Alors, l’étudiante, l’étudiant, au-delà des codes de langage, doit s’exprimer souvent et bien. C’est ce que l’on attendra de lui ou d’elle à chaque épreuve d’évaluation de ses compétences et connaissances. Et si son expression écrite est insuffisante, si l’on peine à comprendre avec justesse ce qui est restitué, il ne faut guère s’étonner que la notation ne reflète pas correctement les efforts fournis. Rappelons ici la pensée de Boileau, souvent pris pour modèle par les avocats : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ».


Les mots pour le dire arrivent-ils aisément sous la plume des étudiants ?

Les enseignants, le savent, nous ne sommes pas tous égaux face aux mots. Outre les différences culturelles qui modifie le sens que l’on peut leur donner, il y aussi des problèmes dyslexie qui concernent une partie de la population apprenante. Souvent ralentie par des inversions de lettres ou de syllabes, la personne dyslexique a beaucoup de mal avec l’orthographe en français. Elle est par ailleurs pénalisée lorsque les épreuves sont soumises à des contrainte de temps.


De plus, l’écriture ne se résume pas à l’orthographe. C’est pourquoi le programme Ecri+ propose des formations variées pour améliorer l’expression écrite, la capacité, la facilité à transcrire ce que l’on sait, ce que l’on pense, avec précision, avec justesse, sans risque de ne pas être compris, sans risque de mauvaise interprétation. Comme l’écrivait Guy de Maupassant, il est essentiel de bien choisir ses mots pour dire qui l’on est : « car c’est par l’écriture toujours qu’on pénètre le mieux les gens. La parole éblouit et trompe, parce qu’elle est mimée par le visage, parce qu’on la voit sortir des lèvres, et que les lèvres plaisent et que les yeux séduisent. Mais les mots noirs sur le papier blanc, c’est l’âme toute nue. »


Alors quelles sont les compétences abordées pour construire et solidifier ce savoir-faire crucial ? 4 domaines sont proposés aux publics et font l’objet d’une évaluation :

  1. La phrase : comment la construire, articuler les termes entre eux, maitriser la grammaire, et enfin les modalités, les types de phrase

  2. Le discours : maitriser la conjugaison, analyser et structure des contenus, jouer avec les sous-entendus et finalement déterminer un point de vue donné

  3. Les mots : l’importance de leur orthographe, de leur origine, la compréhension profonde, la sémantique, et l’extension du vocabulaire

  4. Le texte : organiser son texte en maitrisant les espaces, la ponctuation, la typographie mais aussi l’enchainement des phrases ou encore les reprises et les citations.


« Ferme les yeux, vois

Un ballon qui s’ennuie,

Sur la plage du Crotoy


Des gens qui rient… » – Alain Souchon – Ames fifties


Tous les étudiants ne seront pas des poètes, ou des écrivains. Tous pourtant, doivent et souhaitent avancer dans la connaissance, sans frein, sans difficulté à comprendre ou à restituer. Etre jugés simplement sur leur capacité à raisonner, à trouver des solutions, à proposer des démonstrations, des réflexions nouvelles, est une ambition légitime qu’ils partagent jusqu’au bout de leur parcours dans le supérieur.


Ainsi le projet Ecri+ a développé une certification, dans le but de conforter les acquis et de rassurer les étudiants sur leur niveau de maîtrise. La certification écri+certif a été expérimentée à l’été 2021 par les partenaires membres du consortium. Elle est disponible depuis la rentrée 2021, à titre expérimental, pour les établissements d’enseignement supérieur français adhérents de l’UOH. Après des sessions d’entrainement et de formation, l’étudiant devient éligible, une fois atteint un niveau dans au moins cinq compétences. Il peut alors participer à une séance de certification.


Et puis, ce programme a élargi son audience. Un public étranger, un public d’entreprises aussi, souhaitant pour progresser dans divers domaines, s’instruire, se renforcer et atteindre une forme de plénitude dans l’expression.


C’est un projet enthousiasmant. C’est aussi un projet au long cours. Améliorer l’expérience étudiante, c’est rendre la connaissance plus accessible mais c’est surtout évaluer les apprentissages avec la plus grande équité.


Mobilisons nos forces pour des examens équitables.

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